Le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de la Francophonie et de la Diaspora, M. Crispin Mbadu Phanzu, a restitué vendredi 30 janvier 2025 les résultats de l’atelier national d’évaluation des recommandations issues des forums de la diaspora congolaise, organisés du 24 au 27 novembre 2025.
Cette restitution s’est déroulée après une large consultation visant à consolider les propositions prioritaires de la diaspora en faveur du développement du pays.
Réuni en Conseil des ministres à la Cité de l’Union africaine, le gouvernement a pris connaissance des principales conclusions de ces forums.
Les participants ont dégagé un consensus autour de six recommandations jugées structurantes et essentielles pour renforcer la contribution de la diaspora au développement national.
Il sied de signaler que ces recommandations portent sur la création d’institutions et de mécanismes permettant d’organiser et de valoriser l’apport de la diaspora, tout en modernisant la gestion administrative et consulaire.
« Il s’agit notamment de mettre en place un Haut Conseil de la Diaspora Congolaise, légitime et inclusif, ainsi qu’un fonds d’investissement destiné à soutenir le développement économique, encadré par une gouvernance tripartite entre l’État, la diaspora et les partenaires », a indiqué M. Crispin Mbadu Phanzu lors de la présentation officielle des conclusions.
Parmi les mesures envisagées figurent également la création d’un Secrétariat général à la diaspora, la réforme progressive de la double nationalité avec l’instauration d’un statut spécial pour les Congolais de l’étranger, la modernisation des services consulaires et la mise en place d’un desk pour les compétences congolaises.
L’atelier a aussi recommandé l’institution d’un comité paritaire chargé du suivi de ces recommandations et le lancement immédiat d’une campagne internationale de sensibilisation intitulée « Diaspora : cap sur l’action ».
« La diaspora congolaise représente un levier stratégique pour le développement national. Son engagement et son organisation permettront de renforcer l’efficacité de l’action publique et de mobiliser des ressources pour la croissance du pays », a souligné Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement.
Il convient de rappeler que la question de la double nationalité reste sensible dans l’environnement sociopolitique congolais, en particulier dans le contexte des tensions liées à l’agression de la RDC par le Rwanda et à la présence de groupes armés dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Plusieurs leaders politiques et membres de la diaspora plaident pour la légalisation progressive de la double nationalité, afin de permettre aux Congolais de l’étranger de contribuer pleinement au développement du pays tout en respectant les impératifs sécuritaires et institutionnels.
En mai 2024, des Congolais devenus Français avaient déjà rappelé au président Félix Tshisekedi l’importance d’une réforme du cadre juridique de la nationalité, estimant que l’article 10 de la Constitution, en rendant la nationalité congolaise exclusive, prive le pays de compétences essentielles au développement.
Le Chef de l’État avait alors appelé à la prudence et à des réflexions approfondies sur cette question, soulignant que toute décision hâtive pourrait être exploitée par des ennemis de la République cherchant à diviser le pays, notamment dans l’Est.
Il avait également évoqué la nécessité de considérer avec attention l’accès des Congolais naturalisés à certaines fonctions de responsabilité au sein de l’État, afin d’assurer une intégration harmonieuse et équitable.
Abdoul Madjid Koyakele

