Gbadolite, 6 février 2026 – Le secteur sanitaire public du Nord-Ubangi est plongé dans une situation de quasi-effondrement.
Depuis ce vendredi, les agents de santé, tant soignants qu’administratifs, ont cessé toute activité dans les structures publiques, à la suite d’un mot d’ordre de grève sèche lancé par l’intersyndicale PROSANTE.
À l’hôpital général de référence de Gbadolite, principal centre de prise en charge de la province, le constat est préoccupant. Les salles de consultation sont désertes, les services fermés et aucune prise en charge médicale ordinaire n’est assurée.
Seuls quelques cas jugés critiques sont exceptionnellement orientés vers le médecin directeur, resté sur place pour éviter le pire.
Cette cessation totale de travail est motivée par l’accumulation des arriérés de rémunérations. Les agents réclament le paiement des salaires ordinaires des mois de novembre et décembre 2025, ainsi que les primes complémentaires et de risque correspondant au quatrième trimestre de la même année. Pour beaucoup, la poursuite du service sans contrepartie financière n’est plus envisageable.
« Nous avons multiplié les démarches sans succès. Aujourd’hui, la grève est devenue une nécessité pour défendre notre dignité », confie un agent de santé sous couvert d’anonymat.
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates. Des patients venus de quartiers périphériques et même des territoires voisins sont contraints de rebrousser chemin, faute de personnel disponible.
Les familles redoutent une aggravation de l’état de santé des malades chroniques, des femmes enceintes et des enfants.
Selon des sources bancaires, la banque Afriland First Bank prévoirait le versement des arriérés autour du 10 février 2026. Toutefois, les syndicats affirment qu’aucune reprise ne sera envisagée sans preuve concrète du paiement effectif.
En l’absence d’une réaction rapide des autorités provinciales et nationales, cette grève pourrait se transformer en une crise sanitaire majeure, dans une province où l’accès aux soins reste déjà limité et fragile.
Abdoul Madjid Koyakele

